Je pense souvent aux jeux que nous pratiquions, le Tour de France avec les capsules de coca et avec le circuit dessiné à la craie blanche sur les trottoirs.
Le Pitchack, que nous fabriquions à l’aide de rondelles de chambres à air de vélo, coupées en tranches de saucisson et assemblées par une ficelle, cela ressemblait à un pompon de marin de la Royale.
Le football dans la rue d'Auppeu avec les bérets qui servaient à délimiter les cages pour le goal.
Le « carico »avec ses roulements à billes et le guidon, nous sillonnions tous les quartiers au tour de Boulanger, Choupôt, Eckmûhl, Maraval, Sananés, Médioni, et la cité des palmiers.
Les soirs d’été, notre amusement favori était le jeu « des quatre coins » devant l'épicerie de M. SOCORRO, nous jouions garçons et filles alors que nos parents prenaient le frais assis sur leur chaise.
Le jeu de « la canale » se pratiquait avec les noyaux d'abricots qu'il fallait envoyer pour gagner le tas qui était stocké dans le coude du tuyau de la descente d'eau de pluie.
Le jeu de « la madre », nous tracions au sol deux lignes droites parallèles de cinq mètres d’intervalle avec une craie blanche, la personne qui se trouvait au milieu s’appelait la madre (mère)
Le but du jeu de « la madre » était de toucher les participants avec un mouchoir enroulé comme le foulard des scouts. Les personnes touchées devenaient ses hijos (fils) Ces derniers avaient pour rôle d’aller appréhender les autres derrière les lignes blanches, je ne vous dis pas les accrochages de tricots, de pantalons et de shorts.
Nous pouvions jouer tranquillement, car il passait une voiture toutes les trois heures.
Souvent nous allions jouer à la gare du bou-you-you, à côté de ce lieu laissé à l’abandon, nous jouions aussi au football sur le terrain de handball du prestigieux club du C.D.J d’Oran.
Sur ce terrain goudronné, je me suis fait une entorse à chaque cheville, je revois encore ces lieux.
Juste en face se trouvait le jardin public du quartier, des personnes l’appellent aussi le « jardin de Valmy » ; Son lac artificiel nous permettait de naviguer longuement et paisiblement en pédalo ou en barque.
On pouvait admirer les cygnes, les canards, les oies, les cigognes et d'autres oiseaux exotiques.
On y trouvait aussi un zoo avec toutes sortes d'animaux sauvages, lions, tigres, panthères, éléphants et toutes sortes de singes.
Le dimanche c'était une des ballades préférées des Oranais et des Oraniens.
Nous allions aussi jouer sur l'avenue du Colonel Ben Daoud, à la « corniche » en face de la villa "Léo" (c'était un lieu de rencontres payantes pour des gens en mal d'amour) Il y avait un mur de deux mètres de haut que nous escaladions, puis il fallait marcher sur la bordure qui mesurait 30cm de large et 20 mètres de long avec une déclinaison de 70% environ. Le but du jeu était de d’aller au bout de cette petite corniche sans tomber. Nous passions trois ou quatre heures à remonter et à passer cet obstacle. Souvent nous revenions en boitillant à la maison!
Je me rappelle aussi nos escapades à la "cueva del agua" où je me serais écrasé sur les rochers du haut d’une paroi de la falaise, sans la vigilance d’un copain qui m’a retenu par le bras lorsqu’il a vu que j’étais attiré par le vide.
Ce même jour, c’était un jour de juillet en 1960, il y avait pour les enfants une sorte de couvre-feu avec une interdiction de sortir dans les rues sans les parents entre 12 et 16 heures. Si la police nous appréhendait en vagabondage dans cette tranche horaire, nos parents risquaient une forte amende. Nous avions combiné avec les copains de sortir en cachette vers 14 heures à leur insu; papa commençant très tôt son service aux T.O faisait la sieste à cette heure-là, tandis que maman était occupée à ses tâches ménagères. Nous étions huit copains (la banda negra), il y avait mon frère Louisou, mon voisin Hamed ABDALLAH, Christian et Claude MARTINEZ, Kamel et son frère Bouziane et mon cousin Bernard MARTINEZ.
Nous voilà tous partis à l’aventure, après la traversée de plusieurs quartiers, nous nous planquions à la vue des paniers à salades (police)
Avant d'arriver à la "cueva del agua", après avoir dépassé de 1 km le camp militaire et en pleine garrigue nous avons vu un animal bizarre qui venait vers nous, nous avons pris peur et nous nous sommes enfuis en prenant nos jambes à notre cou.
Nous nous sommes réfugiés dans la guérite avec le militaire qui était de garde, nous avons fait tout ce jaléo pour rien car cet animal soi-disant
sauvage n’était qu’en fait un brave berger allemand qui rentrait tranquillement chez lui après une belle balade dans la nature.
Après cette peur, nous avons repris notre route vers la crique, il faisait très chaud, c’était pire que la Sierra Nevada au mois de juillet et nous n’avions rien prévu pour nous désaltérer, évitant d’attirer l’attention de nos parents sur notre escapade !
Nous étions dans un site d’une ancienne tuilerie, cette crique attirait beaucoup de pêcheurs et de baigneurs.
Louisou a repéré des melons sauvages qui poussaient là je ne sais par quel miracle de la nature, il en a saisi un dans sa main et soudain Hamed s’est mis à crier, lâche-le, lâche-le et Louisou a jeté son melon par terre, il y avait un trou à un endroit avec un scorpion à l’intérieur. C’était vraiment la journée des frayeurs pour nous ! Reprenant tant bien que mal la marche, nous voilà arrivés sur les hauteurs de la falaise où je vais d’un rien éviter la chute sur les rochers.
Nous sommes descendus dans la crique pour prendre le bain, certains d’entre-nous plongeaient des rochers et d’autres s’amusaient comme des fous.
A cet endroit la plage était toute petite et le sable était de mauvaise qualité ; Il y avait beaucoup de galets.
Nous étions très vigilants, nous savions qu’une baleine était venue s’échouer dans les parages quelques années auparavant.
Et patatras ! Nos voisins, Claude CRESPO et Robert MARTINEZ, frère de Christian et Claude, survenant en moto Bécane de couleur grise, nous ont passé un savon en nous menaçant de raconter notre escapade à nos parents.
Le retour fut encore plus folklorique, à la hauteur du pont de Gambetta, une automobile de marque Renault (4 chevaux) s’est arrêtée devant nous avec deux occupants, un Européen et un Algérien, qui nous ont offert de monter à bord, ce que nous avons accepté sans réflexion tant nous étions fatigués.
Nous étions au total dix passagers dans ce petit « catcharo », les uns sur les autres sur la banquette arrière, heureusement tous propres, lavés à l’eau de mer.
Arrivés à la rue Mancipp, comme prévu, une délégation de parents nous attendait, les manches relevées : C’était la raclée et l’ interdiction de sortir pendant quelques jours, nos parents s’étant bien rendu compte de notre absence !

" le chef de la bande"
Bernard Martinez dit "Plato"
Mon cousin
Jojo dit "Boccatchia "
il avait un shoot
  du pied droit a démolir
un mur
 
Christian Martinez
dit " Jerry Lewis"
Hamidou  Abdallah
dit "Tigri"
mon voisin le plus proche
 
Marcel Ferreres
dit "pelouca
ou Pepico"

Francis Torregrossa Copain de classe
il participait souvent à nos jeux
Kamel Touhil
dit "Casuela"
ou J"ames Dean"

Georges Ferrero
il participait souvent à nos jeux
"
Gines gilabert
Copain de classe
il participait aussi à nos jeux.
Il est parti au Paradis au mois de juillet 2009
Bouziane Touhil
dit "le boxeur
et le mokoso"

                                                    ESCAPADE A LA SENIA

C'est avec la "banda negra" de mon quartier de Boulanger, que nous avions décidé d’aller faire une escapade à pied au village de la Sénia.
Départ de la rue Mancipp vers 13h30 et, toujours en cachette de nos parents, comme d’habitude nous étions partis sans eau et sans rien à manger.
Au coin de la rue Mancipp et de l’avenue République, nous entendions un bruit sec et une forte odeur, c’était Ramidou (Hamed) mon voisin qui venait de péter.
Le pauvre, il avait mangé beaucoup de couscous la veille.
La tradition dans notre quartier, était d’attraper et de donner des calbotes à la personne qui se lâchait une "flatulence".
Il recevait des palos tant qu’il ne sifflait pas sur un tuyau de descente d’eau "la canale" en fonte ou en zinc.
Il lui fallait aussi l’aide de ses mains :
" le pouce de la main droite sur les lèvres, et l’auriculaire de la main droite devait toucher le pouce de la main gauche , enfin, l’auriculaire de la main gauche devait toucher le métal en bougeant les doigts comme un flûtiste, tout en sifflant en même temps".
Ramidou courait vite. Il avait pris seulement 4 ou 5 calbotes.
C’était la « canale » de la maison de la Famille COURJON Paul, 10, rue Mancipp, qui l’avait sauvé de la "galejo".
Ce jour là, mon cousin Bernard « dit Plato » qui était le chef de la banda, avait repris les choses en mains. Nous voilà reparti.
Alors que nous marchions tranquillement sur l’avenue de la République, des copains s’attardaient devant les affiches du cinéma « le Capitole »
Plato voulait jeter un coup d’œil au garage RENAULT, pour admirer les 4 CV, les Dauphines etc.. Les automobiles étaient une passion pour lui. Il travaillait comme apprenti carrossier peintre dans l’entreprise de transports Guilloni à Boulanger à côté de l’école Magnan.
Après avoir rêvé quelques minutes, nous voilà repartis à l’aventure.
Sur cette route se trouvait un magnifique complexe de terrains de tennis, nous récupérions les balles qui tombaient sur l’avenue et nous les conservions en nous sauvant à toute vitesse.
Ces balles nous servaient pour jouer au mini football dans la rue d’Auppeu.
Revenons à notre escapade. Commence la mésaventure sur la route. Avec les copains, nous mangions le raisin qui se trouvait sur les pieds de vigne des grandes propriétés viticoles, pas de chance, repérés par le gardien des lieux, nous avons essuyé des tirs de balles à sel sur les fesses
Il a fallu déguerpir à toutes jambes en sautant comme des cabras (chèvres)
Dès notre arrivée au village de la Sénia, nous avions la gorge et la bouche sèches et pour cause, le raisin que nous avions mangés , était sulfaté aux pesticides, il avait un goût aigre.
Heureusement qu’une fontaine d’eau coulait dans ce village, nous nous sommes jetés à boire comme des chameaux, ensuite, nous avions profité de nous arroser de la tête aux pieds.
Après une ballade dans ce joli petit village, nous décidions de retourner à Boulanger.
A la sortie de cette commune, un copain a eu la fameuse idée d'entrer dans le poste d'un transformateur, et avait baissé la manette pour couper le courant électrique du secteur, toute la Sénia se retrouvait sans électricité, entreprises comme particuliers !....
Comme nous avions été repérés par les villageois, ils se sont mis à notre poursuite en essayant de nous rattraper ! se mélaient à cette course, le garde champêtre, un élu Municipal (peut-être monsieur le maire) en tête.
La force de notre jeunesse assez sportive, nous permettait de courrir comme des fous à travers les champs de vignes pour empêcher des voitures d'arriver à nous ! là encore, nous avions reçu une seconde salve de sel sur les fesses.
Arrivés devant l'usine ZIMMERMAN, sous une chaleur torride du mois de Juillet 1960, nous avions aperçu un bassin rempli d'eau. Attirés par cette eau, nous avons escaladé le grillage, et durant 15 mn environ, nous pataugions dans ce bassin en slip. D'un coup, nous avons vu surgir le gardien en brandissant son bâton derrière nous.
Re belote nous voilà repartis en slip pour un 500 mètres à travers l'usine tout en abandonnant nos effets personnels, je me trouvais en tête du peloton !.....
Nous allions en direction des herbes hautes et piquantes qui se trouvaient à la droite du bassin, et là, au milieu de cette mini jungle d'épines, j'apercevais un fellagha accroupi, qui faisait ses besoins naturels, à côté de lui se trouvait un fusil style mousqueton. Le fellagha était tellement surpris de nous voir, était figé dans la position du "cagõn embusqué".
J'ai crié de toutes mes forces " Un fellagha ", des copains qui étaient algériens ont courus aussi vite que nous pour sortir de cette usine.
Aujourd'hui encore, je ne sais pas comment nous avons pu sauter ce grillage, faisant presque deux mètres et renforcé de barbelés vers le haut.
Tout en courant comme des fous en direction de Boulanger, une fois arrivés à la rue Mancipp "toujours en slip", les gens rigolaient et se moquaient de nous, nous étions égratignés sur tout le corps et le visage, et noirs de saleté tellement l'eau du bassin était crade.
Une fois à la maison, vous devinez le sort qui nous était réservé !.....quelques jours après, la diarrhée et les vomissements se faisaient ressentir ! des vrais loques!!!!!
Le raisin, la trouille !..... a qui devions nous tous ces désagrements qui nous avaient rendus si malades !!!! devinez !!!!
C’était la dernière fois que je voyais la Sénia, les routes de ce coin là étaient devenues tellement dangereuses.

Marcel FERRERES

Louis Ferreres
dit "Louisou "


                                         Los Angels en Carico



Nous étions une bonne dizaine de copains à partir avec nos caricos en direction de Choupôt. Ces engins que nous avions fabriqués avec du bois et des roulements à billes, étaient nos vélos ou nos trottinettes à nous.
Nous étions fiers de posséder ces caricos et nous avions le sentiment d’être propriétaire d’un bien.
Revenons à notre escapade, nous avons d’abord contourné le champ rouge, nous avons emprunté la rue du Général NIVELLE, nous étions déjà au quartier de choûpot.
Aux endroits difficiles, des copains qui jouaient au foot sur le campico rouge, interrompaient leur action de jeu pour nous pousser par derrière au niveau des épaules.
A l’angle de cette rue et de la rue Azémar, (rue qui était chère à mes amis François SANCHEZ et Marco SEBAN)
Nous étions les Angels sur caricos, une entorse au look, certains d’entre nous portaient des bérets à la place des casquettes de la police américaine.
Ils nous manquaient plus que les Ray Ban façon Marlon BRANDO dans « l’ Equipée sauvage » pour faire les casouélas comme dirait notre ami Mohammed de Gambetta-Carteaux.
L’Equipée sauvage (The Wild One) était un film américain de Laslo BENEDEK tourné en 1953. Marlon BRANDO, Mary MURPHY, Robert KEITH et Lee MARVIN étaient les vedettes de ce chef d’œuvre cinématographique.
Revenons à nos motos, pardon à nos caricos, nous roulions tous à la queue leu leu, il y avait des pavés sur cette partie de la chaussée, les secousses nous faisaient mal aux fesses et au dos.
Soudain une carriole tractée par deux chevaux qui nous doublait s’est rabattue sur nous et d’un réflexe de survie, j’ai ôté les mains de mon guidon et j’ai fait un salto como a una cabra ( un bond comme une Chèvre) sur le trottoir. Mon carico a été traîné sur plusieurs mètres par la roue arrière droite de la cariole.
Le driver, un homme d’une soixantaine d’années, s’est arrêté en nous engueulant en espagnol avec des mots d’oiseaux que tous les Oraniens connaissent. Nous avions eu tellement peur et vue nos torts, que nous acceptions sans rien dire les insultes de ce monsieur.
Je n’ai pas pu récupérer les pièces de mon carico car il était en miettes. J’étais quitte pour en refaire un autre.
Cette escapade étant terminée d’une façon précoce, nous sommes rentrés au quartier en rasant les murs, toujours dans la discrétion vis à vis des parents et des voisins.
Nous avons eu beaucoup de tchamba, d’abord personne n’a été blessé et que la police n’était dans le coin, sinon no te digo !
Pour nous consoler et nous enlever le stress,Christian et Claude MARTINEZ, Ramidou ABDALLAH, mon frère Louisou
, le chef de la banda negra mon cousin Plato (Bernard MARTINEZ), son adjoint Jojo DE SANTABARBARA et les tous autres, nous avons acheté du pain chez PERDIGUERRO puis nous sommes allés acheter du chocolat noir au détail et une bonne bouteille de Québec à l’épicerie de Monsieur SOCORRO, cela a contribué a nous donner de la force et du courage, par la suite nous avons entamé une bonne partie de pitchac.
Pour les personnes qui ne connaissent pas ce jeu, le pitchac nous le fabriquions nous même, Il nous fallait une bonne quarantaine de rondelles de chambre à air de vélo, de 5 mm de large, nous les assemblions par le milieu à l’aide d’une ficelle.
Il fallait aussi préparer deux cages de buts comme celles du handball et délimiter un espace de jeu de 40 m de long sur 20 m de large et une ligne médiane.
Nous jouions à deux contre deux en jonglant avec les pieds, les jambes, la tête, il est interdit de jouer avec les mains.
Nous faisions des passes à notre partenaire qui pouvait reprendre le pitchac de volée et marquer des buts comme au foot.
Les joueurs défendaient et attaquaient aussi, ce jeu développait la technique et le sens du jeu pour jouer au FOOTBALL.
Nos parents étaient contents lorsqu’ils nous voyaient jouer à ce jeu, ils savaient que les parties duraient des heures et des heures. C’était moins dangereux que le football, et en plus nous n’étions pas en vagabondage dans les autres quartiers d’Oran.
Lors de mes parties de pitchac je portais les couleurs du Réal de Madrid ou du Sporting Club de Sidi-Bel-Abbès.
Marcel FERRERES
Voilà le fameux champ rouge qui séparait Boulanger de Choupôt qui se trouve au fond, c'est là que nous passions des journées entières a jouer au foot et au Carico, juste après la voiture que l'on distingue, c'est à cet endroit que j'ai failli passer en dessous de la carriole attelée aux deux chevaux.


                                  LES INDIANA JONES EN HERBE



D
ans le quartier avec les copains, nous avions un esprit d’aventurier, nous étions des petits « Indiana Jones »
Un jour d’été, avec Georges MENGUAL (dit Georgeot) c’était le fils du Gérant de la maison de la presse sur l’avenue de la République, Alain CORREA, mon frère Louisou et d’autres copains, nous avions décidé de partir au « ravin raz el aïn » pour explorer sa grotte et son passage souterrain.
Ce lieu avait été amélioré et aménagé par les Espagnols lors de la construction du fort de Santa-Cruz pendant la seconde moitié du XVIe siècle, le Marquis de Santa.-Cruz étant alors Gouverneur d'Oran.
Ce passage servait d’issue de secours pour les soldats espagnols en cas d’attaque des Arabes ou des Turcs. Nous savions que nous pouvions trouver des pièces espagnoles en argent datant du XVI siècle et plus.
Nous partions en direction du Ravin Raz el Ain, après avoir arpenté l’avenue du Colonel Ben-Daoud où se trouvait au n° 53, le dépôt des bus des T.O. Au croisement avec l’avenue d’Oujda nous empruntions la rue du ravin Raz el Aïn jusqu’à la fin de cette artère.
Devant l’entrée du lieu que nous voulions explorer se trouvait Kader, il avait 25 ans environ, il voulut se joindre à nous et nous voilà tous partis pour l’aventure !
Les parpaings qui obstruaient l’entrée du souterrain avaient été enlevés, nous avions tout loisir de pénétrer. Le fils MENGUAL (son père était le libraire et le marchand de journaux de l’avenue de la République) tenait le rôle de l’éclaireur il nous guidait avec sa torche électrique à l’intérieur il y faisait froid et humide; Une odeur de moisi envahissait l’atmosphère.
Soudain, MENGUAL trouve une pièce puis une seconde, se retournant vers nous, il nous dit « la chose va bien » et patatras ! Notre guide était tombé dans un puits creusé dans la galerie où nous marchions, nous étions sans lumière et dans l’obscurité totale. En tâtonnant à droite et à gauche, nous avons pu secourir notre ami MENGUAL.
Nous étions pris de panique, nous savions que cet endroit servait parfois de refuge aux terroristes. Alors nous avons rebroussé chemin pour trouver la sortie, nous tournions en rond depuis plus d’une heure. Alain CORRÉA et moi, nous étions les plus petits de la bande et nous nous tenions par la main par peur de nous perdre.
Kader qui nous accompagnait était plus effrayé que nous Dans sa panique, au lieu d ‘appeler notre guide MENGUAL, il l’appelait Pingouin ; Aujourd’hui encore je ne vois pas le rapport entre MENGUAL et Pingouin !
Dans une des galeries je suis tombé moi aussi dans un petit puits, j’étais trempé jusqu’aux os et j’étais maculé de terre glaise de la tête aux pieds. Enfin à force de courage et d’obstination nous avons retrouvé notre chemin et la sortie.
A notre retour à la maison, je ne vous dis pas la raclée que nous avions reçue.
J’ai contracté une fièvre intestinale dans ce lieu malsain et il m’a fallu un mois pour me remettre de tout ça !

    Alain Correa
c'était le plus jeune de la bande. Il venait de temps en temps dans nos escapades
 
 
 


 
 
 

 
Les aventures de la Banda Negra

Nos jeux et nos petites virées

Escapade à la Sénia
Les Angels en Carico
     Les Indiana Jones en herbe!
       La maison hantée

C'est à cet endroit au sommet de la falaise, que j'ai failli
d’un rien faire une chute sur les rochers.
Nous avons profité aussi pour visiter le petit Vichy et nous avons vu les gradins du théatre de Verdure et nous avons vu aussi des tchniciens qui préparaient un spectable qui avait lieu le soir même
Voilà le style de galerie souterraine que nous avons emprunté et tout était dans le noir complet.
                                         Fort de Santa-Cruz

Après  la conquête d'Oran et de Mers-El-Kébir  par les Espagnols en 1509, quelques années après, pour se protéger des attaques, ils avaient décidé de construire un fort sur la colline qui domine cette ville à une hauteur de 400 mètres environ.
Ils avaient prévu aussi des pièges avec des trous d’une hauteur de 3 à 4mètres de profondeur avec des piquets au fond afin que les envahisseurs s’empalent en tombant, il y avait aussi des passages qui ne  menaient nulle part afin que les adversaires tournent en rond et se découragent avant d’être achevés par les Espagnols.
Après 2 siècles d’occupation, en 1708, les Ottomans (Turcs) s’emparent de la ville d’Oran et dirigent la ville pendant 24 ans.
En 1732 les Espagnols reviennent et reprennent Oran et le Fort Santa-Cruz, la ville reprend son essor. Forts  de leur expérience après leur défaite face aux Turcs en 1708, ils ont revu toute leur stratégie de  défense pour le Fort de Santa-Cruz en faisant  des issues de secours en cas de siège, ils ont  creusé à partir de 1735 des galeries souterraines dans la roche d’une largeur de 2 mètres environ et à hauteur d’homme, Une sortie permettait de rejoindre le Ravin Raz El Aïn, ( C’est cette issue que nous avons emprunté avec « la Banda Negra »)  ils pouvaient ainsi se rendre à la Porte de Canastel (Quartier de la Marine -Place Kléber) Par une autre issue (Grande Galerie) ils pouvaient  rejoindre le Fort Saint-André pour atteindre leurs bateaux qui étaient  ancrés au port ; Tous les forts qu’ils avaient construits étaient reliés entre eux, ils mettront 5 années  pour faire tous ces travaux.
Malheureusement tous ces efforts seront réduits à néant, le 9 octobre  1790, un terrible tremblement de terre vient frapper cette ville en  faisant plus de 3.000 victimes en et détruisant une grande partie de la ville.  Le Roi Charles IV d’Espagne voyant les lourds investissements qui ont été fait et qui en  retour ne rapportaient rien sur le plan financier,  un accord est signé avec le Bey d’Alger et le 6 mars 1792,  l’armée Espagnole quitte à tout jamais cette partie de l’Afrique du Nord.
Les Espagnols ont été présents pendant 3 siècles à Oran, ils ont laissé une  empreinte indélébile de leur culture.

Marcel  Ferreres

Le Roi Charles IV d’Espagne.
C'était le de Gaulle Espagnol de l'époque
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                                La maison hantée


Un après-midi du mois de juillet 1960, alors que nous avions passé la matinée à jouer dans la rue d’Auppeu, au tour de France et à la madre, le cousin Plato, éprouvant le besoin de se dégourdir les jambes, nous proposa de faire un tour avec la « Banda Negra » jusqu’ à la « maison hantée » de la rue Mancipp près de l’école coranique.
Cette demeure que nous savions inhabitée depuis plusieurs années se situait juste avant le champ rouge, ce campo qui séparait le quartier de Boulanger de celui de Choupôt, quartier cher à mon ami Danmarlou.
Nous voilà repartis à l’aventure et toujours sans eau ni nourriture.
Après avoir escaladé par les tuyaux de la descente des eaux de pluie, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse.
Avec une pince nous avions réussi à ouvrir la fenêtre de toit (ancêtre du Velux) et après avoir sauté de trois mètres à l’intérieur nous avions atterri dans une grande pièce dépourvue de meubles comme le reste de la maison. Nous voilà bien attrapés car il n’y avait ni échelle ni cordes pour ressortir. Comment faire ?
Le décor était inattendu: d’impressionnantes toiles d’araignée, des scorpions probablement en villégiature, quelques rats qui copinaient avec autant chats, tout ce beau monde avait squatté les lieux. Nous nous sentions piégés en douteuse compagnie et même les fanfarons de l’équipe ne dissimulaient pas la peur panique qui s’exprimait, ici par des pleurnichements, là par rien de moins qu’un hurlement.
Au bout de 5 heures environ, Laouèto, notre copain musulman et Antonio « le bisco » de la rue de la Guillotière qui savaient que nous étions là, commencèrent à s’inquiéter de notre longue absence de la rue d’Auppeu et, alertés par nos appels et nos pleurs, allèrent chercher du secours auprès d’autres copains en évitant soigneusement d’avertir parents et voisins.
Les sauveteurs finirent par arriver : c’ étaient nos copains qui nous lançaient des cordes ; Nous ne fûmes pas longs à nous y agripper, tandis qu’ils les retenaient fermement pour que nous puissions nous hisser. Ainsi sommes-nous ressortis par le Velux.
Nous avons eu el susto de nuestra vida! (La peur de notre vie!) Du coup pour nous enlever cette peur, (maintenant on dit, le stress) nous sommes allés acheter quelques barres de chocolat  au  détail  chez M. Socorro.

Marcel Ferreres