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Merci à MrJean-Claude Dorane et au groupe Santa Cruz pour l'interprétation de cette belle Chanson "Nostalgie"
                                           ORAN,  5 juillet 62. (histoire vécue!)

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Je m'appelle françois RAMON. j'allais avoir 14 ans  en 1962..
Ce mardi 5 juillet 1962 à Oran, ma mère tenait une épiçerie de quartier, rue adolphe cousin, pas loin de la place des victoires.
Nous étions trés inquiets le jour de l'indépendançe, ce jour là était trés festif pour les Algériens nous on était enfermé dans nos maisons, n'osant s'aventurer dehors.
Du dimanche 1er juillet (jour de l'indépendance) au mercredi, tout se passait dans la joie pour la population algérienne, entre klaxon et cris, les jours passaient sans que la population française soit inquiétée.
Mais ce jeudi 5 juillet, ne ressemblait aux autres! C'était comme un avant cyclone, où tout est calme, silençieux, juste le bruit des voitures et des camions remplis de gens qui passaient dans la rue de Turenne, mais là c'était en silence, pas de cris pas un bruit, juste le bruit du moteur.
Vers 10heures, un représentant de ma mére, viens nous dire, de nous barricader, car ils avaient vue que pas mal de manifestants étaient armés (couteaux,gourdins, et pistolets), on ne devait surtout pas rester au niveau des fenétres, car ils pourraient tirer à travers.
Aux regards de mes parents, la peur nous envahie, dans le silençe, nous préparons à nous protéger, moi avec mon pére, on bloqua l'entrée avec le gros fùt d'huile, et prépara des bouteilles "d'açide esprit-sel" trés puissant
Ma mére  était avec mes voisins du dessus, pour barricader, l'entrée du couloir et la terrasse.
C'est vers 11heures que cela a commençé, des tirs de mitraillette, fusil, pistolet, des coups "secs" et le plus terrible, les cris qu'on entendaient de loin,
Des cris de féte, des cris de mort, à l'heure actuelle (48ans aprés) je n'arrive pas à me rappeler! mais ce que je sais c'est qu'on avait trés peur, on était là, comme des rats en cage, on tournait en rond, aux aguets, on se regardait sans se parler, et quand on entendait le bruit d'un moteur de voiture qui passait, on avait peur qu'il s"arréte.
Petit à petit que le temps passait, les bruits les cris se rapprochaient
Cela a duré une éternité,et vers 17h, un alftrack, c'est arrété à l'angle de la rue, on a entendu parler Français, mon père est sorti douçement, a discuté avec le lieutenant, et de la porte avec ma mére on entendait le lieutenant racconter à mon père ce qui se passait, nous a conseillé, de rester chez nous enfermé, de ne pas sortir,qu'ils reviendraient demain matin.
C'est là, qu'en discutant avec des voisins, on a su que des maris, des fils, n'étaient pas rentré.....
Le lendemain mon pére est partis à Air Françe,car l'armée Française, était dans les rues, je les avais entendu parlé tard dans la nuit ils avaient déçidé de partir..
Il aura fallu 2 jours à mon pére pour avoir des billets pour partir le 10 juillet pour Toulouse ville qu'on ne connaissait pas.
Qu' es-ce qu'on met dans une valise, où on a droit qu'à 20 kgrs!! Hein! quesqu'on met!! toute une vie, 3 générations!!!! On commence par les photos monsieur, les photos toute une vie.
Le matin du départ, en fermant le magasin, mon pére avait mis une pancarte"congés annuels, ouverture en septembre!" Je suis sùr que mon pére pensait qu'on allait faire les touristes en France, pendant un mois, et qu'on rentrerait aprés...
Nous en voulons à la France qui nous a abandonnés! Pourtant on la aimé la France! Mes Grands- pères en 14, mes oncles (un mort à
Ðiên Biên Phú)
et deux autres sont rentrés dans Paris avec les chars LECLERC, quand à mon père il a porté la tenue militaire jusqu'a 48 ans car il était dans la territoriale, il a fait toutes les campagnes de 39/45 (Italie, Afrique et Provençe).
Actuellement, à 62 ans je m'occupe de ma mère, car chez nous, les parents meurent à la maison, moi par contre je suis "un Caracoles" comme on dit chez nous, ma maison est sur moi, mais où vais-je la "poser?? Voilà la question! moi je ne l'ai pas! In  Challah!

François RAMON
                      Oran: 5 juillet 1962..
                                                                      ( paroles de  François RAMON )


                                 
Oran 5 juillet 62, un coup d' feu, vers 11 heures          
Le malheur, la peur, les pleurs, c'est l'horreur                                                                       dans la ville, on entend  des tirs, des cris
Ce jour là, "dans tes rues", la folie, l'anarchie  
Nous, on n’a pas compris                       
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Aye oran,amor  é mi.....
buénos dias, hola, aye oran....
tu le sais," ce jeudi" dans ta ville....
on est tout seul, on attendait....
"mais personne" ne viendra.....
arrétez-çà......
  oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo                       
Aye oran,amor  é mi....
dondé -esta, dondé-vas, aye oran....
sur ton nom, moi j'ai mis mon mouchoir                                                                                              car pour nous tous, ce 5 juillet....
                          restera, a jamais plus d'espoir.......   

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo                            

aye oran, amor é mi........
qué  pasa, porqué, aye oran...    ce jour là,"dans tes rues"abandonnées                             ya des femmes," ya des hommes"......
Ils ont tous....... disparus........

                                
      
                                                    (une complainte, pas une chanson..)








Monsieur,

Cela vas étre un peu difficile, pour moi de vous expliquer, par écrit, quelles sont mes sentiments,et le pourquoi, de cette chanson, surtout chantèe par LUZ CAZAL. qui la chante divinement bien, et qui pour moi, la musique, correspond, au texte que j'ai écrit, mais moi, c'est l'amour à une ville, un quartier, une rue,Oran!
        Oran, lui était dans nos coeurs à jamais, et cette chanson, méme s'il y a eu: livres,films, et conférences culturelles personne avait encore sorti,une chanson sur"le 5 juillet 62".
Cette chanson pour moi, c'est "un rappel à la mémoire collective"pour qu'elle reste dans les familles, et que nos enfants nos petits enfants, en l'écoutant, comprénnent ce jour-là.
Ce jour-là, 1.000.000 Piéds Noirs qui pensaient, même si le  drapeau n'était plus nos couleus, pouvoir rester dans ce pays où ils ont été heureux, et cela depuis 3 génération   s.
Mais aprés ce "5 juillet 1962", en 4 où 5 jours, ils ont  fui, hébétés, attristés, la peur au ventre, ne prenant que 20kgs d'affaires, d'abord le plus important" les photos", et autres souvenirs, qui nous rappelleront, notre pays et  Oran, 20kgs pour 3 générations!
Et là 48 ans aprés, suite à une édition spéciale, du Point   en  Juin qui parlait de nous, il y avait aussi, un dvd de 2h40," les Piéds-Noirs, histoire d'une blessure" la premiére partie, était sur l'arrivée de  nos arriéres grands parents, en 1830, et la 2éme partie, sur le témoignage de 62personnes, qui avaient, entre 45 et 70ans, mais beaucoup d'hommes et de femmes de la soixantaine qui ont parlé,de leurs vie À ORAN,pas de haine,juste de la fatalité, et comme moi c'était quelque chose, que l'on avait enfoui au plus profond de nous, en 1962,on en parlait pas! On en parlait plus..
Je me suis retrouvé dans tous ces  témoignages, la même envie, de parler, témoigner, la méme sensibilité, qu'on avait en nous, quand on abordait le sujet, de ne pas pouvoir parler de sa ville sans des sanglots dans la voix.
48 ans aprés, on commençait à en parler, à nos enfants mais trés peu, mais avec nos petits enfants, je serai plus disponible, et leurs montrer les photos de là-bas!qui sait!....
C'est pour cela, pour rendre hommage à mes compatriotes Oranais et ma famille bien sùr....
Je voudrais étre prét, pour les grandes manifestations culturelles, qui se feront,dans plusieurs grandes métropoles en 2012 (50ans!), et si j'ai votre accord, commencer par  le salon conférence"du Savoir-Faire-Pied-Noir"qui regroupe pendant 3 jours, fin août (20/21/22), plus de 5000 personnes, à Port Barcares (cela serait bien de commencer par ça!), mais le but de ce "single"c'est de le mettre sur nos sites, me faire  connaitre par toutes les associations (elles sont nombreuses!) en FRANCE et DOM.TOM,commencer par la base, les associations, elles sont nombreuses (de ville, village, quartier et même de rue!) et étre prét pour 2012!!, Car cette chanson, à chaque fois que je la travaille avant de passer en studio, le 17/07.éh bien pleins de souvenirs me reviennent, les larmes aussi, et comme vous voyez Monsieur NICOD, il n'y a aucune haine, dans mon texte, je m'adresse simplement à ma ville Oran, et je lui dit "tu te rappelles?"
Voilà, Monsieur NICOD,j'espére vous avoir convaincu cette chanson, me tiens vraiment à coeur et si j'aime chanter, ce n'est pas mon métier!  mais ce que je sais cela se fera avec les tripes! Je suis devant mon ordi en boucle avec la chanson, tous les jours de 15h à 19h, j'ai compté, je la chante 45 fois! et à chaque fois, je me découvre des intonations différantes, je laisse parler mon coeur! et le 14/07, dans 3 jours, je pense avoir trouvé, le ton, il me reste 2 jours encore, pour "pofiner.

Bien à vous

RAMON françois

PS: L'OLIVIER, arbre de la paix,et de la reconciliation ( pochette)

La Cathédrale d'Oran
Le marchand ambulant de Calentica