C’était la Fierté et c'est encore aujourd'hui la Fierté des Marinos ou des Marineros
En 1867, l'Eglise Saint-Louis devenait la Cathédrale de la ville d'Oran jusqu'en 1913, une nouvelle Cathédrale du Sacré cœur fut construite sur la place Jeanne d’Arc.
Un décret en 1952 classa l’ex Cathédrale Saint-Louis, monument historique de la ville d’Oran

Le quartier de la Marine était la partie basse de la ville d’Oran,
En partant de la Place du Maréchal Foch, on pouvait y accéder par la rue des Jardins pour finir à la Place des Quinconces où se trouvaient les lavoirs publics, c’est là que commençait la route du Ravin du Raz el Aïn qui menait au Château d’eau.
Dans ce beau coin, Il y avait la forêt des Planteurs chère aux Oranais, c’était les ballades du dimanche, les pique-niques et pour es fêtes de Pâques, les gens avaient les cabasettes chargées à bloc, où des bonnes odeurs de Mouna, de calentica, de la Soubressade Catalane, de la Melsa Oranaise (la rate farcie).
On pouvait aussi accéder par cette route notre Dame de Santa-Cruz, la Sainte Vierge des Oranais et des Oraniens.
Revenons à la Marina car cela donne faim de bon matin de parler denos spécialités!
La Marine était à une période le chef lieu de la ville d’Oran avec la première Mairie qui se trouvait sur la magnifique Place de la République, c’était une petite cité administrative avec le tribunal de commerce et la Société des Eaux d’Oran. Comme dans la plupart de nos quartiers, beaucoup d’animations et de bals organisés par le Comité des fêtes de la Marine.
La place Kléber à été aussi un lieu administratif important pour les Oraniens, la première Préfecture du département avait été implantée en ce lieu, c’était aussi une place très agréable et animée, on y trouvait toutes sortes de commerces. On pouvait acheter nos montres et nos bijoux à la bijouterie Sorrentino qui se trouvait au n° 2 de la Haute d'Orléans et on pouvait compter sur la belle Jeannine pour nous conseiller sur le choix de nos achats.
De cette place on pouvait rejoindre le Bd Oudinot, c’est dans cette rue au n°28 à côté du cinéma familia qu’habitait mon copain Francis Perez, pour la petite histoire (Tu vois Francis je me suis documenté afin que tu saches à quoi et à qui correspond le nom de ta rue, Nicolas Charles Oudinot était Maréchal de France, rallié au Gouvernement provisoire après l'abdication de Napoléon, le 20 Mai 1814 il se vit remettre par Louis XVIII le commandement en chef du corps Royal des grenadiers et chasseurs à pied (ex-Garde impériale), puis fut nommé ministre d'Etat, pair de France et gouverneur de la 3ème division militaire. Je ne pense pas qu’il ait participé à la conquête de l’Algérie.
Au bout du Bd Oudinot on rejoignait la Place des Quinconces.
La place de la Perle, c’était aussi un rendez-vous des habitants du quartier, on voyait les anciens refaisaient les matchs de l’équipe de l’Asmo avec les goals de deux époques différentes Soler et Patilla, Filippo, Chibani, Messeguer ect...
Sur cette place se trouvait une Mosquée avec son Minaret, qui regardait la belle et première Cathédrale Oranaise « Saint-Louis » Et l’Hôpital Militaire Baudens.
La Calère était la partie basse et le bord de mer, c’était le quartier des pêcheurs, qui se situait entre la colline du Murdjadjo où se trouvait notre Dame de Santa-Cruz et l’ancien Fort construit par les Espagnols longtemps avant l’arrivée des Turcs et des Français.
Dans les années de joie une rivalité importante opposait la haute et basse marine mais c'était plus pour la frime de son bout de quartier qu'autre chose. Les Marineros de vrais farfallas je vous dis mais c'est eux qui ont donnés le plus lors de la dernière lutte (dixit Francis)
A la Marine il y avait la rue de Gênes, la rue Charles Quint, la rue du Matelot Landini, la rue Philippe.
Dans le quartier de la Marine et de la Calère, la majorité de la population était d’origine Espagnole, il y avait aussi des habitants d’origine Italienne de la région de Naples, Procida, Torré del Gréco.
Il y avait aussi des Grecs, des Maltais, ainsi que des habitants originaires de la Métropole, d’Alsace, de la Corse, et des autres départements.
Le Bd du Docteur Molle, bordé de ses riches immeubles Haussmanniens commençait à la Place Kléber et finissait au ravin Raz el Aïn.
C’était un vrai régal pour les marcheurs, une promenade
Paradisiaque, arrivés au ravin il y avait de beaux jardins maraîchers et la forêt des Planteurs où mon Grand-père Jean-Raymond Ferreres allait avec ses enfants et petits-enfants pour pique-niquer.
La Rue Philippe conduit au Château Neuf, à la Mosquée du Pacha construite en 1797, la Promenade de L’étang avec son beau jardin.
En 1509 les Espagnols occupent quelques années après lors de leur conquête de la ville d'Oran, ils resteront 2 siècles en deux étapes. Ils fortifient la ville et ils construisent le fort de Santa Cruz qui domine la ville.
En 1790, un tremblement de terre qui a détruit une grande partie de la ville d’Oran après une première attaque de nuit menée par Mohamed El Kébir à la tête d’une armée, ce dernier préfère attendre et laisser les Espagnols enterrer leurs victimes et de s’occuper de leurs blessés.
Les Espagnols essayent de résister tant bien que mal en demandant des renforts, les conditions d’hygiène et de vie étant très précaires dans un pays qui se remettait à peine d’une grande catastrophe, les épidémies et le découragement auront eu raison du moral des troupes Espagnoles, après plusieurs mois de négociations, Le Bey d’Alger et le Roi Charles IV signèrent un traité, début de l’année 1792 les Espagnols quittent Oran pour laisser la place aux conquérants de l’Empire Ottoman.
Cela nous rappelle qu’après notre départ en 1962, les Russes sont venus prendre notre place, mais à la chute du mur de Berlin et du communisme soviétique, ces derniers ont laissé leur place aux Chinois qui colonisent d’une façon plus pernicieuse ce pays que nous avons laissé clés en mains et dans un état correct, malheureusement, comme dit le proverbe « l’histoire se répète ».
Je raconte d’une façon zippée « nouveau mot à la mode » cette partie de l’histoire d’Algérie, je ne suis ni historien ni écrivain, c’était pour dire une anecdote.
Dans la rubrique de mon site « Mes Récits » avec la Banda Negra » notre mésaventure que nous avons eu et que je raconte dans « Les Indiana Jones en herbe » à l’époque des faits, j’avais à peine 12 ans et je ne connaissais pas du tout l’ensemble de la ville d’Oran, grâce à dieu depuis que je m’occupe de gérer mes sites internet, j’ai acheté le plan d’Oran aux éditions Gandini, aujourd’hui je connais mieux ma ville d’Oran, je veux parler bien sur de celle avant la terrible déchirure, la vraie, la belle, la fière, la belle Alicante.
Pour reprendre le fil de mon histoire, en écrivant cette page de la Marine d’Oran qui me tient à cœur d’abord c’est notre Histoire, notre Patrimoine et en plus c’est une page que je dédie à mon copain Francis Perez et à sa famille, comme je le dis un peu plus, il habitait au Bd Oudinot, un vrai Oranais il en faudrait beaucoup des gars comme lui, il mène un combat tous les jours que Dieu fasse, pour défendre la mémoire de notre communauté, je n’en dirais pas plus sur lui parce qu’il n’aime pas qu’on parle de lui.
Je reprends de nouveau le fil de mon histoire, décidément aujourd’hui je m’éparpille un peu trop souvent dans texte, donc en regardant le plan de la Marine, je me suis rendu compte que le quartier des Marinos n’était pas loin à vol d’oiseau de mon quartier de boulanger et le fameux souterrain que nous avons visité lors d’une virée avec la Banda Negra, c’était une issue de sortie que les Espagnols avaient prévu en cas d’attaque du Fort de Santa-Cruz par la mer, cette porte de secours se trouvait dans la continuation du de la route du Ravin Raz El Aïn et qui se terminait à l’intersection de l’avenue d’Oujda et de l’avenue du Colonel Ben Daoud qui commençait au quartier d’Eckmühl et se terminait à Boulanger.
Donc je vous conseille de jeter un coup d’œil bien sur si vous avez le temps, sur mon récit «Les Indiana Jones en herbe»
Notre Dame de Santa Cruz, était la patronne de la ville. Chaque année à l'Ascension, des milliers les Oranais escaladaient ces sentiers pour effectuer le pèlerinage sacré.
Avant de terminer, je voudrais ajouter un dernier souvenir, mon père travaillait aux T.O, il à fait pendant des années et jusqu' au 5 juillet 1962 la ligne n° 6 qui desservait le quartier de la Marine qui passait par la Place d'Armes et qui allait jusqu'à Choûpot.
Il était receveur et à l'arrière du bus, c'était toujours l'attraction, il avait toujours une blague à raconter aux passagers, très connu sous le surnom "el Joro" , Il avait les cheveux tellement blonds, un vrai Viking ! Il faut dire aussi qu’il avait du sang Hispano Valenciano, du sang Pyrénéen Aragonais, du sang Italien du Nord (lac Majeur-Piemont) et des origines Celtes venues en Espagne, c’était toute l’Europe à lui seul.
Dans le bus n° 6, il faisait souvent équipe avec des chauffeurs qui étaient ses amis et je dirais plus, des frères comme M. Louis Peralta et M. Jodard.
M. Peralta était aussi le Parrain de mon frère Louis dit Louisou et mon Parrain aussi.
Papa revenait souvent à la maison avec du poisson qu’il achetait aux pêcheurs de la Marine.
Voilà pour la petite histoire et grande Histoire qui me fera toujours penser à la Marina !
Marcel Ferreres


La basse ville
Belle vue de la ville
Boulevard Oudinot
Rue de l'Arsenal
Rue de l'Arsenal
Cathédrale Saint-Louis
de la Marine
Quartier de la Calère
Comte Oudinot
Duc Oudinot
Cathédrale Saint-Louis de la Marine
Place Kléber ancienne Préfecture
Place de la République
Place de la République, un jour de Fête
Raymond Ferreres dit "el Jolo"
Rue de l'Arsenal
Georgette MARTINEZ, la maman de Geneviève.
Photo prise juste en face de l''église Saint-Louis à Oran
La Place Kléber