L’histoire de ma jeunesse et de mes racines.

                                  Par Michel Perez

Mes Grands-parents paternels,  Michel  et Isabel Perez ont vécu a Oran à la rue Duvivier, au « Patio del Colegio » dans le quartier de la Marine, pas loin de l’église Saint-Louis (Ancienne Cathédrale d’Oran). A l’époque et comme beaucoup d’Oranais, les parents d’Isabel étaient arrivés d’Espagne avec leurs 5 filles, Isabel, Incarnation, Soledad, Marie et Jeanne.
Apres avoir rencontré Michel, Isabel  devint Madame PEREZ, de cette union naquirent 5 enfants, Didier, Constance, François (mon père)  Marie et Jean.
Cette grande famille quitta Oran pour venir à Marseille au quartier de Saint-Lazare en1927. Ce choix de s’exiler était dicté  par des raisons économiques, la Métropole était en pleine reconstruction après la première guerre mondiale, alors que l’Algérie et ses habitants connaissaient une période difficile, aucun investissement, tout était figé, le chômage gagnait du terrain et la vie devenait dure !
Je suis né le 17 juin 1943 à Marseille au quartier Saint-Lazare où résidait à l’époque une grande communauté espagnole qui avait fui la guerre civile et la misère  en Espagne!
Avec mes parents, mon frère et mes sœurs nous sommes partis habiter à Saint-Gabriel. J’avais le cœur gros en quittant le quartier qui m’a vu naître et où  j’ai passé les meilleurs moments de mon enfance et de  ma jeunesse.
A mes 17 ans après avoir terminé mes études, j’ai trouvé un emploi de coursier dans la métallurgie et j’y ai travaillé jusqu’à l’âge de 19 ans et demi. C’était l’âge pour aller accomplir le devoir de tout citoyen Français,  le service militaire à Oran en Algérie. C’était en janvier  1963 et la guerre dans ce pays était finie depuis le 5 juillet 1962 et peut-être plus. J’étais triste de quitter les miens et content aussi de voir enfin le pays de mes ancêtres paternels avaient gardé jusqu’à leur dernier souffle, une grande nostalgie de leur « Oran de mi vida ».
J’ai d’abord effectué mes classes  à Draguignan dans le département du Var et 3 mois après, direction Oran.
Le jour de mon départ toute ma famille était sur le quai de la Joliette au port de Marseille, j’ai embarqué sur le « Ville d’Oran »  je me souviens encore de ces instants très durs, c’était la première fois que je quittais le cocon familial.
C’était exactement comme le chante si bien Serge Lama dans sa chanson « L’Algérie » et quand le quai s’éloignait, je me suis mis à pleurer.
Nous étions entassés comme des moutons dans la cale et nous avions une chaise longue pour dormir!
La traversée a été très mouvementée, à l’approche du golfe du lion, mes copains et moi étions malades mais la récompense fut  à l’arrivée,  quand j’ai vu apparaitre Oran à l’horizon et au fur et à mesure  que le bateau s’approchait, je découvrais toutes les merveilles dont me parlaient  mes cousins rapatriés; J'ai eu une émotion que je ne peux décrire et qui me paralysait tous les membres!
La vierge de Santa-Cruz était là, dominant la ville sur la colline du Murdjadjo et juste à côté du château fort que les Espagnols avaient construit avant que les Turcs et les Français ne s’y installent ! J’apercevais aussi le front de mer, cette belle avenue qui longeait le splendide littoral Oranais, avec les magnifiques immeubles que les Français avaient construits.
Je dois dire aussi que ce jour là je me suis rendu a l’évidence, j’ai alors compris et ressenti la douleur que tous les Pieds-Noirs ont éprouvée lors de leur exode 6 mois plus tôt !
C’est comme ça que j’ai connu des cousins et cousines Oranais, nous avons pu les accueillir chez nous afin de les dépanner quelques temps pour qu’ils puissent redémarrer une vie à Marseille où ailleurs.
Je me souviens des tablées où nous étions plus d’une trentaine de personnes à la maison, des amis Pieds-Noirs venaient se joindre à nous comme les familles  Llinares, Lacomba et Lubrano ainsi que leurs enfants.
Après le débarquement, nous avons été conduits par camion à l’ancienne  caserne du régiment de Zouaves qui se trouvait au  quartier d’Eckmühl, c’est le  66éme régiment d’artillerie qui avait remplaçait ce régiment d’élite  de l’armée Coloniale qui s’était illustré sur tous les fronts lors des deux  guerres mondiales.
Lors de mon séjour à Oran, j’ai pu visiter quelques quartiers, la place d’Armes avec sa belle Mairie avec  ses deux  lions en bronze, son beau théâtre. J’ai vu aussi la belle Cathédrale qui est devenue une bibliothèque par la suite.
J’ai fait un saut aussi à la Marine, Je suis  allé quelques fois prendre un bain de mer à Bousfer. J’ai vu aussi la maison où habitaient  mes amis Llinares à Canastel.
En pensant à tout ça, je me dis quel gâchis ! Pour l’histoire que beaucoup de nos jeunes ignorent, après quelques années de tranquillité en Algérie, un vent de l’histoire était venu souffler sur ce pays,  un 1er novembre 1954 (La toussaint rouge) qui sonna le début de la perte du joyau de l’Empire Français ! Après 7 ans de guerre et la trahison venant en juillet 1962 plus de 1 million de Pieds-Noirs viennent en France, ils avaient le choix entre la valise ou le cercueil.

C’est pourquoi aujourd’hui, je suis et je resterai toujours un adhérent actif a L’ANRO, cette association est devenue  pour moi une seconde famille et c’est avec elle que je m’active à Sausset les Pins sur la côte bleue, en faisant  pour le mieux , afin de faire plaisir à tous nos adhérents  qui sont de plus en plus nombreux .


Retour à la Marine
 
Famille PEREZ au complet, debout de gauche à droite Constance, Didier, pépé Michel,François mon père
assis Mémé Isabel, Marie et au 1er plan Jean
Je pense que cette photo a été prise dès leur arrivée à Marseille

Moi à l'âge de 4 ans environ
Toujours moi à l'âge de 4 ans environ
Je suis au milieu lors d'une balade
à Gémenos près d'Aubagne à gauche
Jean-Pierre Moretti et Dany Dacurachi
 
1er à gauche, mon frère Antoine à côté de moi,
mon cousin Jean-Michel Llinares et François Ruiz
Vers 1958 au cours Belsunce à Marseille,
Je suis accroupi le 1er à gauche à côté Gérard  Marcone
bebout à gauche Pierrot Oizana et à droite mon frère Antoine
Sur cette photo, mon ami Marcel Ferreres trouve que j'ai une bonne tête d'Oranais
de la Marina
Vers 1961, c'était l'époque des Chaussettes noires
et j'ai gardé toujours la même tête
Nouvelle coupe de cheveux et nouveau blouson
1963, j'étais encore un minot lorsque je suis parti en Algérie, j'étais content de voir enfin ce pays dont mon Grand-père et ma famille parlaient souvent
1964 lors d'une permission, à gauche mon frère Antoine et à  droite mon cousin Jean-Michel Llinares tous les mois il m'envoyait un mandat de 50 francs de l'époque pour mon argent de poche.
Quand on sait que les salaires mensuels moyens étaient de 40.000 francs
1964 lors d'une escorte à Colomb-Béchar, je pose devant la Jeep
1963 lors d'une permission, à  gauche mon cousin  Jean-Michel Llinares à droite  mon frère Antoine 
1964 à la caserne d'Eckmühl
 
1964 à la caserne d'Eckmühl dans le parc à camions
Une vue du Port d'Oran
Avec la famille Llinares en 1963, nous sommes allés ensemble visiter Marseille et notre Dame de la Garde au n° 1  ma soeur Pierrette - n° 2 Guy Foray -
n° 3 Michelle Foray - n° 4  Alain Llinares - n° 5 Nadia Llinares -
n° 6 ma Mère Dolorés - n° 7 mon Oncle François Foray -
n° 8  ma Tante Marie Foray - n° 9 ma cousine Marie Llinares - n° 10 ma soeur Isabelle
MP3 Player requires JavaScript and the latest Flash player. Get Flash here.
 
Tout un symbole pour moi, notre Dame de la Garde et notre Dame de Santa-Cruz réunies le temps d'un spectacle!
Dipôme décerné le 5 septembre 1944  par le Comité Militaire National à mon Père François Perez qui a servi avec bravoure dans les rangs des F.T.P.F en qualité de Combattant
Recto du récépissé de demande de carte d'identité du 2 avril 1933 déposée aux Pennes de Mirabeau (13) au nom et prénom de mon père.
Verso du récépissé de demande de carte d'identité du 2 avril 1933 déposée aux Pennes de Mirabeau (13)
au nom et prénom de mon père.


Journée à la mer avec tous mes copains
Debout à gauche Pierrot Antoine - Michelle Foray - Christian Llinares- Jean-Michel Llinares -Daniel  Llinares
Assis à gauche Marius Lopez - Joêl Lopez
Avec la famille Llinares en 1963, nous sommes allés ensemble visiter Marseille et notre Dame de la Garde au n° 1 Michelle Foray - n° 2 ma soeur Pierrette - n° 3 Alain Llinares  - n° 4 Guy Foray  - n° 5 ma Tante Marie Foray _
_n° 6 ma Mère Dolorés  - n° 7  Nadia Llinares - n° 8 ma cousine Marie Llinares - n° 9 mon père François Perez - n° 10 ma soeur Isabelle

Ma famille a payé un lourd tribut lors de la seconde guerre mondiale, voir les commentaires dans la rubrique « Hommages » cliquez sur les Frères PEREZ.
Vous pouvez aussi cliquer sur le bouton ci-dessous pour y accéder directement.
 
A gauche c'est moi, mon frère Antoine et ma soeur  Isabelle enfants de François PEREZ,
Le Ville d'Oran
Voilà à quoi ressemblaient nos tablées avec notre famille rapatriée d'Algérie, ce jour là nous étions 20 et certains jours nous étions presque le double. Une ambiance familiale que je regrette encore aujourd'hui!
n° 1 Ernestou Lacomba - n° 2 Pierrette PEREZ - n° 3 Graziella (fille de Jeannine et d'Antoine Lubrano) - n° 4 Serge Mora - n°5 Edwige Perez - n° 6 Michel Perez (moi) - n° 7 Isabelle Mura - n° 8 Ange Mura- n° 9 c'est Marie-Christine JUMEL (soeur de Marie-Paule) - n° 10 Marinette Lacomba - n° 11 Jeannine Lubrano - n° 12 François Perez (mon Père) n° 13
Soledad Sanchez (ma grand-mère maternelle - n° 14 Tata Jeanne MARTINEZ - n°  15 Marie-Paule Llinares - n° 16 Jean -michel Llinares - n° 17 Antoine Perez - n° 18 Nelly Perez -n° 19 Ernest Lacomba - n° 20 Maria Perez (ma Mère)
Mon cousin Jean-Michel Llinares, voici le récipissé de l'un des mandats de 50 francs qui m'envoyait tous les mois lorsque j'éffectuais mon service militaire à Oran.
Il n'oubliait jamais de transmettre le bonjour à Rosette qui était pour nous la Lorette de la chanson de Michel Delpech " C'était bien chez Lorette"
Dans les jardins du Château Versailles en 1962 lors de nôtre tour de France en mobylette, au n°1 Marius LOPEZ - n°2 Mireille - n°3  Michel PEREZ (Moi)   n°4 François RUIZ -  n°5 André BOLDRINI -
n°6 Joseph DELLAGRASTA et au n°7 mon frère Antoine PEREZ.
N°1 Jeannine FORAY - n° 2 Guy FORAY - n° 3 Michelle FORAY  (Cousins)
n° 4 Michel PEREZ (Moi) - n° 5 Antoine PEREZ (mon frère)
n° 6 François PEREZ (Mon Père) - n° 7 Emilie PEREZ (Ma soeur)
n° 8 Maria PEREZ (Ma Mère) - n° 9 ?
n° 10 Marie FORAY (Ma Tante)
 
n° 3 André SANCHEZ  c'est mon oncle André (frère de ma mère), il est au milieu, à côté de mon père au n° 2, avec deux copains Pieds-Noirs. Ils avaient participé à la libération de Marseille et de la Mère Patrie avec Gloire et Honneur.Photo prise peu de temps après cette libération.
N°1 Tata Dolorès - n°2  Tonton Diégo - n°3 mon Cousin François - n° 4  Michel  PEREZ (moi) - n° 5 Antoine PEREZ mon frère - n° 6 Jean-Michel LLINARES mon Cousin -
n° 7 Ma Grand-mère Emilie dite Millia

                                   
Mon oncle Jean LLINARES à côté de mon père François PEREZ
lorsque mon père est allé  dans sa famille, à Oran
n°1 Mon frère Antoine - n° 2  Isabelle PEREZ (Ma soeur)   - n°3  Pierrette PEREZ (Ma petite soeur) - n° 4  c'est moi Michel Perez
n°1 Graziela Lubrano  -  n°2 Toinou Lubrano  - n° 3 André Sanchez - n° 4  Doplores Perez (Ma maman) - n°5  Pierrette Perez (Ma soeur) - n°6  Jeanne Martinez - n°7  bébé ?    - n°8 André Sanchez - n°9 Jennine Lubrano - n°10 Isabelle Sanchez - n° 11 Christine Sanchez -  n°12 Michel  PEREZ (moi) 
Stèle A la mémoire de Jean PEREZ et de Adam CENCIALMon frère Antoine
à gauche et à ses côté notre cousin
Jean-Michel LLINARES
La dernière photo  prise à Saint Lazare à Marseille, reste pour moi un merveilleux souvenir. Je découvrais une famille Marseillaise accueillante et généreuse, ma famille de France.
Ton Cousin Jean Michel LLINARES
En tenue de sortie réglementaire