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Pédro toujours fidèle à ses origines Pieds-Noirs
Pédro DE LINARES chantant devant Almaria RODRIGUES la grande chanteuse Portuguaise de Fado
"Affiche réalisée par Jo CRUCHET "
Pédro DE LINARES avec le groupe SANTA CRUZ
Hommage à Pédro DE LINARES
Ma rencontre avec Pedro de Linarès, notre chanteur pied noir de grand talent, eut lieu au cours de l’année 1980, lors d’un apéritif organisé par Monsieur Revellin, un compatriote de Mostaganem et Maire de Saint Laurent de Mûre, une commune près de Lyon.
Ce premier contact avec Pedro fut tout de suite très amical et au cours de notre conversation, il me raconta son passé de chanteur. J’avoue que, sur le moment, j’ai un peu douté de la véracité de son histoire qui a commencé à Oran, à l’âge de 18 ans où il a fait ses débuts dans un…cirque, le cirque Pinéda. A cette époque, il prit la décision de quitter l’Algérie pour faire carrière en France. Ses débuts ne furent pas faciles, jusqu’au jour où il rencontra un talentueux guitariste espagnol qui le prit sous son aile et le fit travailler dans quelques cabarets parisiens. Je précise que son répertoire était alors d’inspiration flamenco.
Après des mois de vache maigre, il fut enfin remarqué par un impresario qui le dirigea vers la firme Barclay, la célèbre maison de disques où il enregistra son premier 45 tours en disque vinyl, dans les années 50. Dès lors, il continua à mener une carrière des plus honorables jusqu’à l’arrivée de la vague yéyé qui marqua l’arrêt de sa carrière professionnelle. Il quitta alors Paris pour s’installer dans la région lyonnaise.
Donc, pour en revenir à notre rencontre, Pedro me fit également part de son désir de reprendre la musique pour un public pied noir. A cette époque, j’étais batteur dans un orchestre de bal, le Copacabana, et pour moi le projet de Pedro fut un véritable dilemme car, étant pied noir, l’idée m’emballa aussitôt. Je lui répondis que je connaissais des musiciens qui pourraient faire l’affaire et Pedro, sans détour, me posa la question : « Veux-tu être mon batteur ? » ce à quoi, je répondis, qu’il me fallait un temps de réflexion. Mais aujourd’hui, j’avoue humblement avoir été à la limite de lui répondre oui, tout de suite ! La nuit portant conseil, je lui téléphonais le lendemain pour lui donner rendez vous chez lui. Là, très vite, Pedro avec un petit sourire me regarda en disant :
« Juanico, voilà ce que je t’ai raconté hier sur ma carrière ! » Et là, je fus stupéfait lorsqu’il étala sur la table les photos et articles de presse des artistes qu’il avait côtoyé, notamment, Amalia Rodriguez la célèbre chanteuse portugaise, notre Gloria Lasso, Eddy Constantine, Enrico Macias bien sûr en tant que compatriote et Lucien Maurice, impresario très connu qui fut par la suite le mari de Dalida… et bien d’autres encore...Les citer tous serait trop long !
La deuxième carrière de Pedro commença donc dans les années 1980. Je fus chargé de constituer l’orchestre et je soumis à Pedro le nom de « Groupe Santa Cruz. » nom qui fut immédiatement adopté par l’ensemble des musiciens.
Et nous voilà partis pour des répétitions intensives à Saint Laurent de Mûre, dans un local mis gracieusement à notre disposition par Monsieur Revellin.
Notre premier Gala se tint à Saint Priest dans la banlieue lyonnaise, devant 600 personnes. Il fut suivi de très nombreux contrats à la demande de diverses associations pied noir.
Lors de notre passage à Nîmes, pour l’Ascension ce fut un grand succès et nous eûmes la visite de François Valéry, dont Pedro avait connu le père.
Ces deux années passées avec Pedro m’ont appris à connaître et à apprécier l’homme, tant sur le plan moral que sur le plan professionnel. Durant cette période, notre ami fit l’acquisition d’un bar, à Villeurbanne, qu’il appela bien sûr le bar Santa Cruz.
Plus tard, il décida d’aller s’installer en Espagne et ce fut pour moi un déchirement, car c’était la fin du Groupe qui pendant deux années avait eu l’honneur d’accompagner ce merveilleux interprète. Moi personnellement, je perdais un père que j’aimais beaucoup et que j’aime toujours…
Quand il quitta l’Espagne, il s’installa dans la région de Perpignan et reprit pendant quelques temps sa carrière en solo. Il effectua des croisières en Turquie, Egypte, Israël et Espagne.
Depuis son retour en France à Pollestres dans les Pyrénées Orientales nous avons des contacts fréquents.
J’aurais encore beaucoup à raconter …Mais je pense avoir écrit l’essentiel…
Je ne terminerai pas sans nommer Simone, son épouse, une femme d’une grande importance pour Pedro, toujours présente à ses côtés, pour le conseiller et le soutenir.
Pedro, j’ai eu grand plaisir à écrire ces quelques mots. Tu as profondément marqué ma carrière de musicien et je n’oublierai jamais ces moments passés en ta compagnie.
Reprendre avec Jean Claude Dorane et un autre groupe musical, le nom du Groupe Santa Cruz, et t’avoir pour parrain a été la meilleure façon pour nous de te garder toujours présent dans nos cœurs.
Merci Pedro pour tout ce que tu nous as apporté !


Pierre PARDO que nous connaissons sous le pseudonyme de "Pédro DE LINARES"
Nous sommes le vendredi 1er octobre 2010, il est tout juste 19h 30 lorsque le téléphone sonne, je décroche le combiné et la personne qui est au bout du fil demande si elle est bien chez Mr Marcel FERRERES, je lui réponds "oui Mr Pedro DE LINARES", J'ai tout de suite reconnu cette voix qui m'était familière pour avoir écouté de nombreuses fois ses disques! Ouf! Quelle émotion d'entendre parler cette grande vedette de la chanson Hispano Pieds-Noirs qui a bercé ma jeunesse à Oran.
Il m'a remercié pour l'hommage que nous lui avons rendu sur mon site Avec Jean-Claude DORANE et Jean ALMODOVAR.
J'ai demandé a Pedro de me raconter quelques anecdotes de sa vie, il a eu la gentillesse de le faire. Pour moi c'était que du bonheur, je buvais les mots de ce grand Monsieur.
Sa vie au quartier de Chôlet à Oran, ses débuts dans la chanson dès son plus jeune âge, son départ d'Algérie avec le régiment du 2ème Chasseurs d'Afrique sous les ordres du Général DE LATTRE DE TASSIGNY.
Il a participé au débarquement en Provence, à Saint-Tropez exactement le 15 août 1944, sans savoir qu'un jour ce lieu allait être une terre à paillettes pour les stars du show business et du Cinéma.
En continuant la longue et difficile route avec son régiment pour la libération totale du côté est de la France, Pedro fût blessé dans les Vosges.
A l'hôpital où il fût admis, Pedro étai déjà un vrai Play Boy, il était la coqueluche du personnel hospitalier féminin, on lui demandait tous les jours de chanter avec sa voix chaude de Crooner Oranais, tout le monde était tchalé de lui.
A la fin de la guerre, Pedro a rejoint sa terre natale à Oran, il retrouvé sa famille, ses amis et enfin le chant qui était sa plus grande passion.
En 1947, (Bizarre encore une coïncidence, année de ma naissance) Pedro est monté à Paris pour tenter sa chance dans le monde de la chanson, ses débuts furent difficiles mais s’est mal connaitre Pedro, il fait parti de cette race de pionniers que nous étions grâce à l’héritage des valeurs que nous ont inculqué nos ancêtres, Ver siempre delante de sí, jamás volverse, hay que avanzar (Regarder toujours devant soi, ne jamais se retourner, il faut avancer)
Il a fait une belle carrière en France et il n’a jamais qui il était et d’où il venait, il a chanté devant un parterre de vedettes tels que les grands Acteurs comme Maurice RONET, Alain DELON, et aussi devant la grande star de la chanson Portugaise Almaria RODRIGUES qui venait souvent le voir avec toute une colonie d’amis Portugais, Pedro Chantait à cette époque le pur Flamenco !
Pedro m’a demandé de lui rendre visite dans les Pyrénées Orientales, je lui ai dis que j’allais souvent en Espagne et que je passerai lui faire un coucou avec plaisir.
Il m’a dit de passer le bonjour à tous amis lecteurs de mon site oranostalgérie ainsi qu’à tous les Pieds-Noirs, merci Pedro de vous être invité chez moi par la magie du téléphone, cette conversation restera à jamais gravée dans ma tête !
Marcel FERRERES
Chapeau l'Artiste