1954, Ramonico effectuait ses classes, on le reconnait avec le n° 1. Au n° 19 son meilleur copain Raphaël RODRIGUEZ qu'il aimerait retrouver, il était du quartier Médioni - au n° 26 ? PONS qui était aussi d'Oran, nous avons su plus tard que ce dernier copain avait épousé une de nos cousines.
1954, n° 2 Ramonico effectuait ses classes,
Au n° 6 Raphaël RODRIGUEZ
1954, à droite, Ramonico
effectuant toujours ses classes,
Après avoir été sollicité plusieurs fois par mon petit frère Marcel pour raconter les souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse à Oran, j'ai finalement cédé car il sait bien s'y prendre pour nous persuader ce sacré Pepico!
Quelques souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse
1940, le bombardement de Mers-el Kébir.
Dans la base navale de Mers-el-Kébir, au mois de juillet 1940, une flotte anglaise coula par surprise l’escadre française. 1300 marins périrent sous un déluge de feu. La Royal Navy voulait empêcher les Allemands ou les Italiens de s'emparer de la flotte française.
Les Britanniques étaient arrivés au large des côtes oranaises avec un croiseur de bataille, deux cuirassés, un porte-avions, deux croiseurs et une dizaine de destroyers.
La flotte française à Mers-el Kébir comprenait deux croiseurs, deux cuirassés, une quinzaine de torpilleurs et six destroyers.
Nous étions précisément le 4 juillet et vers 16h 30 Maman fut avisée par un proche parent que la flotte ennemie allait bombarder la base. Conduits par Maman nous allâmes nous réfugier chez son frère Antonio MARTINEZ au n° 12 de la rue Adrien Cuvelier, qui donnait son nom au quartier (cette maison était située à l’angle de la rue Garnache). Après avoir pris quelques affaires, nous étions partis avec ma sœur Marie-Emilie (Marinette), 3 ans et 5 mois et mon frère Lucien (Lulu), 1 an tout juste, que Maman portait dans ses bras. Quant à moi, je n'avais guère plus de 6 ans.
Après avoir quitté la rue Mancipp, nous avions traversé le "champ rouge", coupé la rue du Général Nivelle pour emprunter la rue du Président Fallières, qui portait à la place de Choupôt - et à son cinéma « Le Mondial » - puis l' avenue Aristide Briant et, toujours dans la même direction, l’avenue du Foyer Oranais qui se poursuivait par l’avenue Jean Chiappe. Dans celle-ci, nous avions pris la deuxième voie à droite, qui portait le nom d’Adrien Cuvelier.
Mon père était absent, ayant été mobilisé le 29 août 1939 en dépit de sa situation familiale (père de 3 enfants en bas âge). Il avait été incorporé au 22éme Régiment de Zouaves en Tunisie où ce corps d’élite de l’armée d’Afrique tenait tête aux troupes allemandes et italiennes qui tentaient d’envahir l’Afrique du Nord par l'est après la conquête de la Lybie par Rommel.
Revenons à notre départ pour Cuvelier. Après une heure de marche et une distance de 5 km, vers 17h, juste avant notre arrivée chez Tonton Antonio, nous entendions la flotte anglaise bombarder la base française: c’était un déluge de feu qui s’abattait sur Mers-el-Kébir. Tous les quatre apeurés, nous nous sommes mis à courir au début de la rue Adrien Cuvelier quand ma petite sœur Marinette est tombée en se blessant aux genoux; fort heureusement, étant près de la maison de tonton Antonio, nous avons vu arriver tante Ana (Anita), qui nous avait guettés et c'est avec son aide que Marinette fut portée jusqu'au jardin.
Tonton Antonio qui était très prévoyant, avait construit un abri dans son jardin, une tranchée de 1 mètre 50 de large sur 2 mètres 50 de long et à hauteur d’homme. Une plaque en acier de 2 cm d’épaisseur la recouvrait, ne laissant qu' un accès étroit. Nous étions huit dans ce petit abri, y compris tante Anita et ses trois enfants, Marcel, Louis et la petite Emilie. Nous sommes restés terrés en attendant jusqu'à la fin de ce long cauchemar.
La base de Mers-el Kébir fut encore bombardée les 6 et 8 juillet. Nous avons su par la presse et par certains témoignages que les cuirassiers « Dunkerque » et « Provence » furent coulés le 4 juillet; le « Strasbourg » ayant seul réussi à sortir du port, bien qu'atteint à la poupe, résista à la flotte anglaise, touchant même un des ses poursuivants.
Mers-El Kébir fut un nouveau Trafalgar pour la France. En 1805 déjà, la flotte royale anglaise avait écrasé et mis en déroute les flottes française et espagnole.
Quelques années après ce triste épisode, en 1949 exactement, mon père et ses frères avaient acheté un petit bateau de pêche et son emplacement à un grand notable de Mers-el Kébir. Cette embarcation, le «Saint-Michel», de couleur bleu et blanc, équipé d’une petite cabine à l’avant, possédant un moteur de marque « Bernard », était ancré au port de la Marsa. Lors de nos sorties de pêche en famille, nous pouvions apercevoir les épaves du "Dunkerque" et du "Bretagne" gisant sur le flanc par 40 mètres de profondeur, avec leurs formes de 35000 tonnes et leurs canons de 380. Ces épaves se trouvaient dans une zone interdite, balisée par de petits flotteurs de couleur jaune reliés par une corde.
Quelle tristesse, quelle émotion de voir ce spectacle, sachant que des hommes avaient été tués par l'aveuglement et la vanité d'autres hommes! Qu'avaient fait ces victimes innocentes, sinon se sacrifier pour la flotte et l'honneur de leur pays?
Le Provence touché et échoué tout comme le Dunkerque
Le Strasbourg touché et il réussi à sortir de la rade de Mers-el Kébir
La rue Adrien Cuvelier
Le cimetière Marin de Mers-el Kébir
Le bombardement sur Mers El Kébir
Le Cimetière Marin de Mers El Kébir