Retour  à Boulanger
                            Cette histoire est mon histoire,

Le vendredi 2 février 1962 comme tous les matins, je me rends au Lycée Ardaillon. Je descends la rue de la Guillotière vers l’Avenue de la République pour prendre le Bus . Arrivé chez Ayala, la droguerie je prends la rue en face, puis la rue Mancipp. C’est là avant la rue Mancipp que j’ai été attaqué. J’ai pu voir la voiture, une Simca P.60 bleue immatriculée 9M (Mostaganem) Mes parents travaillant, j’ai couru jusque chez moi où mes voisins arabes ont appelé Mme Damonte l’infirmière qui m’a soigné et cousu les plaies de la main et du bras Au commissariat situé au cours Lafayette, à côté de l’entrée du marché couvert du quartier de Boulanger.  Après le dépôt d’une plainte, un policier a conseillé à ma mère qu’il valait mieux que je quitte le quartier car ils allaient recommencer. Donc jusqu’au 22 février j’ai vécu caché à Choupôt puis à la Marine, j’ai quitté ma belle ville natale et son soleil pour aller dans le brouillard de la région parisienne.
C’est la première fois que je voyais mon père pleurer. Je suis parti me réfugié à Chaville dans les hauts-de-Seine chez une tante. C’était dur de vivre sans les miens et de les sentir en danger tous les jours. Ma mère et ma sœur sont arrivées à la fin juin, mon père et mon beau-frère ont quitté Oran le  juillet après le massacre qui a eu lieu. Pendant les mois les plus terribles où les attentats sauvages et aveugles se multipliaient contre les Européens, mon père livrait des vélos et des motos au Village Nègre et à Médioni jusqu’en fin juin 1962. A son arrivée en France, mon père m’a confié que des clients arabes l’avaient averti de ne plus venir dans le quartier, de ne pas sortir dans les rues de la ville et surtout de se cacher le jeudi 5 juillet. Ils avaient raison et ont sauvé la vie de mon père.  Comme le montre le document ci-joint, la carte d’accès au port d’Oran de mon père, ironie était encore valable jusqu’en décembre 1962 !! J’ai appris aussi que la Simca P60 bleue qui avait servi pour perpétrer mon agression, a été retrouvée brûlée sur la place de Choupôt vers la fin du mois de février. On ne m’a pas dit ce qu’il était advenu des occupants. Peut-être que des habitants de Choupôt s’en souviennent-ils ? Je lance un appel à témoins. 
J'ai écrit ces mauvais souvenirs de mon enfance pour essayer d'évacuer ce traumatisme que beaucoup d'entre nous avons ont subi avec des histoires différentes
J'ai écrit ces mauvais souvenirs de mon enfance pour essayer d'évacuer ce traumatisme que beaucoup d'entre nous ont subi avec des  histoires différentes qui nous hantent et qui hanteront jusqu'à la fin de nos jours !

A très bientôt car j'ai en préparation quelques pages de mes meilleurs souvenirs de ma jeunesse.

Lucien Torrés de Boulanger,





 
Photo prise en 1960 dans la villa Saint-Georges, nous étions en pleine répétition pour la fëte de Noêl.
N°1 Roger CAZORLA
N°2 Gérard ROSA
N°3 Lucien TORRES
N°4 ?
N°5  SOLER?

Photo prise en 1960 dans la villa Saint-Georges, nous étions en pleine préparation la fëte de Noêl.
N°1 Lucien TORRES
N°2 ?
N°3 Lucien ALBIACH
N°4 Gérard ROSA
N°5 ?
N°6 ?

Carte d'accés au port d'Oran établie le 30 décembre 1958 au nom de mon père Antoine TORRES.
Il est né le 4 janvier 1906 à Misserghin.
Il était chauffeur pour le compte de la société CADENE François domiciliée au 8, Bd MARCEAU à Oran.
Il a travaillé jusqu'à la fin de notre histoire dans ce pays.

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Pièce de 100 Fr avant les nouveaux francs de 1960
Il est écrit: Algérie République Française
J'ai la chance d'avoir cette pièce que j'ai monté en porte clés griffé.
Championnat d'Oranie de Cross sous le maillot du GCO
(il était vert et blanc)
En cadet en 1960, le meilleur était 'Néné Da Cruz de Choupot, son père était conducteur de Bus, le 14 au T.O.
On se rencontrait souvent au Cross Ufolep des écoles, lui courrait pour karghenta et moi pour Ardaillon. Il m'a fait signer au Gallia et ensuite il me disait au départ: "Tu me suis dès le départ et tu me parle, car je n'aime que l'on me colle, sinon je te met un démarrage" et c'est grâce à sa technique que j'étais devenu le meilleur cadet au Lycée Ardaillon .
C'était une belle histoire de notre quartier car Néné venait très souvent à Boulanger pour draguer.
Lucien TORRES en 1960
Rue de la Guillotière: à gauche où se trouve la ballustrade c'est le n° 31 ou j'habitais, au n° 33 habitait un directeur d'école Algérien. au fond on arrive à Choupot, au champ rouge.
Lucien TORRES

L'ancienne boulangerie du soleil qui se trouvait au n° 26, rue de la Guillotière, le propriétaire était M. Joseph Perez,
nos parents faisaient cuire les Mounas et le Mantécaos
Lucien TORRES

Place Magnan, au 1° étage l'appartement de M. Feraud l'Instit de CM2, au fond à gauche l'école des filles.
 
 
Ah, Magnan! C'est un quartier dans notre quartier de Boulanger, avec ses écoles, filles et garçons, sa place et sa rue de Livry.
La rue de Livry, le point de rencontre des copains de Boulanger, Choupot et Sananes. A droite l'entreprise Boronade, produit pour le batiment.
C'était chez nous, notre Parc des Princes.